07/04/2017

Lettre ouverte à l'homme dont la femme se plaint

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Avant Propos:
"je comprends pas pourquoi elle râle, je l'aide pourtant"
De ton vocabulaire le mot aider tu rayera - Tu vis ici, tu fais ta part.
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A toi, l'homme qui entends constamment sa femme se plaindre, geindre, voir râler (en version soft), ce petit billet est pour toi. Je ne ferrai que relater le quotidien que beaucoup vivent chaque jour, je ne commenterai pas, chacun se ferra sa propre opinion. (et vous pourrez l'exposer en commentaire).


Sa journée à lui:

Tu te lèves, souvent très tôt, en tout cas bien souvent avant ta moitié.
L'hiver, il fait encore nuit. L'été le jour se lève a peine.
Tu bois un café, peut-être 2, tu tire une cigarette, peut-être 2.
Arrêt au stand pour réfléchir au sens de la vie et à comment résoudre la faim dans le monde.
"c'est la faute à World Compagny, ces enfoirés de capitalistes". Tu tires la chasse. Mais sans forcement passer la brosse derrière. "De toute façon on va re-salir..."
Tu t’apprêtes à partir dans ta tenue de travail propre, voir même repassé si tu es un "chanceux".
Tu ne retrouves plus tes chaussures la où tu les as laissées hier soir en rentrant.
Tu fini par les trouver dans le placard à chaussures, après avoir pesté quelques secondes, puis tu t'en vas, ton sac sur l'épaule, chargé de ta gamelle pour ton repas de midi, petit plat amoureusement préparé et emballé, mais pas par toi.
Tu arrives sur ton lieu de travail, tu sors certainement 2-3 blagues bien senties et préparées hier soir sur le trône, à tes collègues. "T'es con Jean Jacques putain!" entre 2 grognements de rire.

C'est partie pour la matinée.
Tu trimes. Tu creuses. tu sens l'ensemble des muscles de ton corps chauffer. Oui ton boulot n'est pas simple du tout. Et c'est pas le petit freluquet qui sort de l'école qui saura mieux que toi en quoi il consiste. Pause hydratation. Cigarette. Il faut bien ça. Puis tu repars. A nouveau tu donnes tout ce que ton corps peux donner. C'est dur. Enfin arrive la pause déjeuner.
Tu sors la gamelle de ton sac, accompagné d'un yaourt. Tiens un petit mot doux! mais pas de petite cuillère pour le yaourt... Ça va qu'il y a le petit mot, ça excuse l'oublie de la cuillère.
Tu t'assois sur un rebord, et tu manges ton repas poussiéreux sans demander ton reste. Il est déjà l'heure d'y retourner.
Tu forces, tu ne te ménages pas, tes muscles commencent à fatiguer. Heureusement la journée est bientôt finie. Dernière tranchée à reboucher puis tu pourra remballer.
16h: fin de la journée. Tu as le corps meurtrie par ces efforts. Mais c'est tout ce que tu sais faire. Alors tu sers les dents et tu enchaînes les journées les unes après les autres en attendant le Saint Graal weekend.
Il est 16h30 quand tu arrives chez toi. Tu ne va pas chercher les enfants à l'école, tu es bien trop fatigué pour t'en occuper. tu enlèves tes chaussures dans l'entrée, tu poses ton manteau sur une chaise et tu files sous la douche. Tu mets tes vêtements sales en boule derrière la porte.
Apres la douche tu peux enfin te prélasser dans ton canapé et regarder tes jeux TV préférés. Un peu de repos et de calme, c'est tout ce qu'il te faut.
A 18h30, ta moitié rentre enfin à la maison avec les enfants! il était temps! les enfants te sautent dessus et Mme te parle de convocation avec institutrice pour le plus grand. tu comprends pas tout alors tu achètes le calme avec un "Ok". Tu joue 5 minutes avec les enfants mais ils sont bien trop excités. Alors tu les envoie au bain et tu changes de chaîne. Tu ne sais pas pourquoi mais tu entends ta chérie crier en haut. Comme d'hab. Tu ne portes pas plus attention que ça, "de toute façon à chaque fois ça me retombe dessus...". Parce que oui, quoi que tu fasses, ça te retombe dessus, tu fini toujours par te faire enguirlander proprement. Tu montes un peu le son de la TV.
Tu ne réclames pas le repas à ta moitié, elle risquerait de te répondre très sèchement et tu n'as pas du tout envie de t’énerver ce soir, donc tu attends sagement que l'on te fasse signe pour venir à table, sans montrer le moindre signe d'impatience.
Il est 19h45 lorsque tu passes à table. Tu as très faim, mais tu ne dit rien, tu gardes ta tête baissée sur ton assiette, tu réponds vaguement aux sollicitations des enfants, mais la fatigue se fait sentir...
Tu termines donc de manger, puis tu retournes t'affaler sur le canapé, sur lequel tu finira par t'endormir très rapidement.
A 00h26, tas douce te réveille brusquement "on va se coucher, dépêches toi, je t'attends pas".
Mais pourquoi râle t-elle autant? Tu es resté dans ton coin et tu ne t'es plain de rien!
Bref, tu te hisses jusque dans ton lit où tu t'endors en moins de 48 secondes. Record battu.

Sa journée a elle:

Tu entends le réveil de l'homme sonner. Tu ne te lèves pas, tu as besoin d'un petit moment de calme pour démarrer "l'ordinateur". Qui plus est, le petit dernier s'est réveillé 3 fois cette nuit, alors ton corps réclame encore un peu de rab. Tu calcules le temps qu'il te reste avant l'heure du départ. Tu commences à refaire la liste des choses que tu va devoir faire ce matin, et le temps nécessaire pour chaque tache. La porte claque, l'homme est parti, tu te lèves. Direction la salle de bain pour t’apprêter et prendre une douche qui te sortira de ta torpeur matinale. Un coup dans les cheveux, un peu de crème et un léger maquillage feront l'affaire. Tu ranges et nettoie la salle de bain, tu ramasses ce qui t'as échappé la veille au soir. Tu râle sur l'état dans lequel l'homme a laissé les toilettes. Tu sors boire ton café, ou tout du moins tu le fais couler, pendant ce temps, tu vides le lave vaisselle, tu nettoie les biberons de la nuits. Tu bois ton café tiedasse, un peu de caféine devrait te donner un coup de fouet. Tu fais une pause. Tu écoutes le silence.
Tu enchaînes avec le linge, mettre à sécher la lessive qui a tourné cette nuit. Tu trouves pleins de petits morceaux de papier dans la machine... Tu n'as pas fait les poches de monsieur qui a laissé un mouchoir dans l'une d'elle... Soit, on s'active. Tu plis et range la lessive précédente. Il est déjà l'heure de réveiller les enfants. Tu commence par le grand, c'est toujours le plus long à se lever. Puis la cadette. Gros câlin les cheveux en batailles et les yeux collés. Tu files ensuite réveiller le petit dernier, ce sera le plus long à préparer. Tu installes ta fille à table pour son petit déjeuner, le grand n'est pas levé, tu retournes dans la chambre pour ouvrir ses volets "mon chéri, réveille toi, tu va être en retard mon grand!" Dans un meuglement annonçant une pré adolescence coriace, il se lève et va rejoindre sa sœur. Tu donnes le biberon à mini, puis le change et l'habille, il attendra la suite dans son transat.
Vient le moment d'habiller tout le monde. Finalement, Mlle ne veut plus mettre la robe qu'elle a choisie hier soir avec toi, la bleue c'est mieux. Avec les collant Reine des Neiges c'est mieux. Oui mais ils sont au sale. Heureusement que le grand est plus simple pour les vêtements. Mini pleure. Il veut les bras de sa maman. Sprint final avec bébé dans les bras, sport de la journée assuré.
Il est 7h55 et tu es censée quitter la maison à 8h05 GRAND MAXIMUM. Tu souffles un bon coup.
Par miracle, tu ne sais pas trop comment, tu démarres la voiture à 8h03. 
8h25 Passage à l'école déposer le grand, puis maternelle pour la cadette, et enfin en route pour chez la nounou pour mini.
Direction le bureau. Dans les bouchons, tu réfléchie à ce qu'il te reste à faire en rentrant ce soir. Tu n'as pas eu le temps de mettre la vaisselle du petit dej au lave vaisselle, et l’aspirateur doit être passé aussi. Il faudra aussi préparer les affaires pour la piscine du grand pour le lendemain. Ah, et acheter des tablettes pour le lave vaisselle aussi, il n'y en a plus. Et des choco BN aussi. Attends, as-tu bien mis la poche du goûter dans le sac de Mlle? non, pour sûr, tu l'as laissé sur le comptoir à la maison. Attends, non, tu l'as bien mis? on verra ce soir.
Tu arrives au travail et Josiane te fait remarquer qu'il est 9h04, et que donc tu es en retard. Josiane a le même emploi que toi. Juste elle se prends pour ta supérieur sous prétexte qu'elle était déjà la quand tu es entré dans la boite. Comme d'habitude, tu lui fais un sourire niait en hochant la tète, et tu commences à travailler. Assise prés du chauffage tu sais la chance que tu as alors que d'autre se gèlent les mains à ranger des surgelés, debout toute la journée. Parfois tu te dis que tu pourrais rester à la maison pour t'occuper des enfants et passer plus de temps avec eux. Tu culpabilises un peu. Mais finalement, ne serait-ce que financièrement ça ne pourrait pas être faisable.
Pause déjeuner, tu engloutie vite fait les restes de la veille, puis tu sors ton agenda et ton carnet de notes. Sur l'un tu vérifie les appels à passer ou les mails à envoyer. "prendre RDV pédiatre vaccins". Sur l'autre tu va faire tes comptes. Tu pointes tes entrées et tes sorties, pour te rendre à l'évidence: "l'épargne des vacances, c'est pas pour ce mois ci". Les finances sont rudes ces derniers temps. Les chocos BN attendrons 2 jours de plus. Déjà l'heure de retourner bosser. A 16h, tu reçois un appel de l'école. L'instit du grand veut te voir pour parler "d'un truc, mais ce n'est pas urgent, soyez rassurée!". Si possible avec les 2 parents. Elle te propose soit jeudi soit vendredi à 17h. Tu verra ce soir selon les dispo de Monsieur.
A 17h tu quittes le bureau, et te voila à nouveau dans les bouchons. Tu profites du main libre pour appeler la pédiatre pour prendre le fameux RDV. Puis tu réfléchie à ce que tu pourrais vendre à la maison qui ne sert plus. D'ailleurs, tu dois aussi trier les vêtements de chacun, les placards des enfants sont pleins de vêtement trop petits ou trop vieux. Ça pourra rapporter 2-3 sous pour finir le mois.
Tu récupère mini chez la nounou, puis les enfants au péri-scolaire.  Dans la voiture tu demandes "alors vous avez fait quoi aujourd'hui?" Pas de réponse.  Tu essayes de savoir pourquoi la maîtresse du grand veut vous voir, mais la aussi, pas de réponse.

18h30, tu arrives enfin à la maison. Tu retrouves ton homme affalé sur le canapé, qui lève à peine les yeux sur toi, et qui te lance un " 'alut". La vaisselle du matin est encore la, à t'attendre. Tu avales un soupir. Tu demande à ta moitié si ça l'arrange plus le jeudi ou le vendredi pour le RDV avec l'instit, il te répond "Ok". Tu avales un soupire. Le petit dans le transat et tu commences directement à passer l'aspirateur. Les grands tentent de jouer avec leur père, sans grand succès et finissent par se battre pour savoir qui s'assoie juste à coté du papa. Tu t’arrêtes au milieu de ton labeur, il est l'heure du bain. Pendant que le grand est (enfin) sous l'eau, tu choisie les vêtements du lendemain avec ta fille. Puis tu la mets dans son bain, pendant que tu laves le petit dans sa petite baignoire. Ton dos tiraille, tu as les yeux de partout. Tu aperçois les vêtements de ton conjoint en boule derrière la porte. Tu avales un soupir. N°2 a compris comment fonctionne la douchette. Elle s'amuse à t'asperger pendant que tu sèche son petit frère. Ça aurait pu être drôle si tu n'étais pas si fatiguée. Tu crie, et regrettes aussitôt. Une fois les derniers en pyjama, tu redescends préparer le repas. Les enfants regardent la télé avec leur père, et tu te dis qu'il y aurait quand même bien autre chose de moins abrutissant à faire à cette heure ci. Tu n'as pas le temps. Tu jettes dans le lave vaisselle les bols du matins pendant que le repas chauffe.
Tu appelles tout le monde à table. Tu mangera debout, encore une fois, car le grand veut SA fourchette, cadette ne voulais pas un verre d'eau trop plein, et mini a tapé dans la cuillère pour mettre de la purée de partout sur les meubles. L'homme lui, mange tête baissée, fatigué de sa journée. Il finira comme chaque soir sur le canapé sans même attendre que tout le monde ait fini de manger, ce qui a le dont de t'exaspérer. Les enfants ayant mangés, tu ranges brièvement la vaisselle, puis monte coucher les 2 plus grands. Un bisous, un je t'aime, peut-être même une histoire si tu trouves 4 minutes. Puis c'est le moment du coucher du petit, un peu plus longs, il a du mal a se défaire de sa maman et à se laisser aller à son dodo. Au fond de toi tu te dis "mais c'est génial de dormir! j'aimerai tellement être a ta place!!" Un biberon, un long câlin, 4-5 berceuses, 35 minutes de marche plus tard, bébé dort enfin, mais pour combien de temps?
Tu redescends, l'homme s'est endormi sur le canapé, comme souvent. 
Tu t'attaques à la cuisine, rangement intégral, préparation des gamelles pour le lendemain, toi tu prendra les restes des assiettes des enfants, pas de gâchis possible vu les finances, et pour M. tu as préparé une portion en plus. Tu mets le tout dans son sac pour le lendemain, tu glisses un petit mot "courage! bisous".
Tu prépares ensuite les affaires pour le petit déj du lendemain matin, et tu check ton agenda: ah oui! la piscine de demain! Tu prépares le sac de ton fils, cette fois tu vérifies que chacun ait son goûter bien rangé dans son sac, tu vérifies les carnets. Tu notes les taches du lendemain dans ton agenda: "Confirmer date a la maîtresse." Puis tu te lances dans la préparation de la lessive qui tournera cette nuit. Tu vérifie au passage si le linge étendu le matin est sec au moins en partie pour avancer la journée de demain.
Alors que tu avais presque tout terminé, bébé se réveille déjà. Tu remontes passer 30 minutes à le rendormir.
Tu prépares tes vêtements pour le lendemain, ainsi que ceux de ton conjoint, un coup de balais dans la cuisine (comme tu n'as pas pu terminer l'aspirateur) et tu fais chauffer de l'eau pour ta tisane, puis tu nourris les 4 pattes de la familles.
Il est déjà plus de minuit, et tu n'as pas encore posé tes fesses sur ton canapé. Tu sors boire ta tisane, en fumant une cigarette, même si tu ne fumes pas, et en rêvassant devant Pinterest.
Tu fatigues pour de bon, il est temps d'aller se coucher! L'homme ronfle comme un goret depuis bien longtemps. Tu lui effleure la main pour le réveiller pour ne pas qu'il passe sa nuit sur le canapé "je vais me coucher, réveille toi, je ne t'attends pas!". Il se réveille en sursaut et te remercie par un "tu pourrai être plus douce!" et file se coucher sans toi.
 Tu check les volets, la porte d'entrée, la programmation du lave vaisselle et du lave linge, tu ranges les chaussures de Monsieur qui traînent dans l'entrée, et accroches sa veste dans le placard, tu prépares 2 doses de biberons pour le bébé "au cas où cette nuit...", tu remplis ta bouteille d'eau, tu vérifie ton réveil sur ton portable "au cas où..." puis tu montes te coucher. Tu te glisses sous tes draps, déjà en partie chauffés par monsieur. "L'ordinateur" installe les mises à jour pour enfin se mettre en veille. Juste en veille, il faudra que tu entendes bébé s'il se réveille. Et il se réveillera 2 fois cette nuit.
Tu es juste fatiguée de cette journée qui ne fini jamais.

[J'ai la flemme]


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Les filles, c'est lundi ! Pensez à votre charge mentale !
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Pour aller plus loin: La gestion ordinaire de la vie en deux

2 commentaires:

  1. Encore un très bel article! Marrant et vraiment poignant ;) Merci

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